Ebola en RDC : OCHA réajuste le Plan humanitaire 2026, avec 10,8 millions de personnes ciblées
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Face à l’impact de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), avec la province de l’Ituri, déjà confrontée aux conflits armés, comme épicentre de la maladie, les besoins humanitaires et les priorités de la réponse ont été révisés afin de renforcer l’assistance aux communautés affectées jusqu’à la fin de l’année. C’est ce qu’a révélé, jeudi 16 juillet 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA/RDC), organe onusien chargé de renforcer la réponse internationale aux situations d’urgence complexes et aux catastrophes naturelles.
En 2026, afin de répondre aux besoins vitaux de millions de Congolais, notamment dans l’est du pays, le gouvernement de la République démocratique du Congo et la communauté humanitaire avaient lancé, mercredi 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars américains. Alors que près de 15 millions de personnes se trouvent en situation de détresse, les ressources risquent de faire défaut en 2026. Cette situation a contraint les Nations Unies et leurs partenaires à concentrer leur assistance sur 7,3 millions de personnes parmi les plus vulnérables.
D’après l’addendum au Plan de réponse humanitaire 2026 rendu public par cet organe des Nations Unies, le nombre de personnes dans le besoin a été révisé à 18,5 millions. En raison des contraintes financières, le nouveau plan prévoit de cibler uniquement 10,8 millions de personnes. Concernant le financement requis, celui-ci a également été revu à la hausse et s’élève désormais à 2,13 milliards de dollars américains.
Cette réadaptation répond au souhait du gouvernement congolais. Confrontée au manque de financements humanitaires et à l’épidémie d’Ebola, Eve Bazaiba, ministre d’État, ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, avait également exprimé son souhait d’engager des consultations avec les partenaires afin de réorganiser les priorités.
« La révision du Plan de réponse humanitaire 2026 (HNRP) de la République démocratique du Congo intervient dans un contexte de dégradation rapide de la situation humanitaire, marqué par l’apparition, en mai 2026, d’une épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) due à la souche Bundibugyo dans l’est du pays. Cette flambée épidémique constitue un choc sanitaire majeur qui remet en question les hypothèses de planification du HNRP 2026, initialement fondées sur une aggravation progressive des besoins humanitaires liés aux conflits armés, aux catastrophes naturelles et aux urgences sanitaires, principalement l’épidémie de choléra », explique OCHA/RDC dans le document.
L’organe des Nations Unies affirme que l’épidémie d’Ebola agit désormais comme un puissant facteur aggravant des vulnérabilités existantes, amplifiant les besoins humanitaires et complexifiant les opérations de réponse. Selon le document, elle rend nécessaire une révision ciblée du HNRP afin d’actualiser l’analyse des besoins, de réévaluer les conditions de sécurité et de redéfinir les priorités stratégiques de la réponse humanitaire.
« L’épidémie a été détectée début mai 2026 à Bunia, dans la province de l’Ituri, à la suite de l’identification d’un cluster de cas graves, notamment parmi les agents de santé. Depuis, la transmission s’est rapidement propagée à plusieurs zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec un foyer épidémiologique particulièrement actif dans les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongwalu, en Ituri », souligne OCHA/RDC.
Cette épidémie s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation continue de la situation humanitaire enregistrée depuis la fin de l’année 2025. Entre décembre 2025 et mars 2026, d’importantes évolutions sécuritaires et humanitaires ont été observées dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, conduisant les Coordinations opérationnelles humanitaires provinciales (COHP) de ces deux provinces à réviser les niveaux de sévérité des besoins dans les zones où une dégradation significative de la situation a été constatée.
Parallèlement, OCHA précise que les résultats de l’analyse IPC sur l’insécurité alimentaire, réalisée en mars 2026, ont confirmé une aggravation de l’insécurité alimentaire aiguë dans plusieurs régions du pays, entraînant une augmentation du nombre de personnes nécessitant une assistance humanitaire. Dans le même temps, la RDC continue de faire face à une recrudescence préoccupante du choléra.
Alors que cette situation intervient dans un contexte marqué par la réduction des financements humanitaires internationaux, James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, a révélé, lors de son intervention devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 26 juin dernier, que le Plan de réponse humanitaire 2026, lancé en janvier, avait déjà atteint un taux de financement de 53,3 %. Il a toutefois appelé les partenaires internationaux à mobiliser les ressources restantes afin de répondre aux besoins humanitaires croissants en RDC
La pénurie de financements au niveau international, notamment la suspension du financement de l’aide humanitaire par les États-Unis d’Amérique, a eu de lourdes conséquences en République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans l’Est du pays, confronté à une grave crise humanitaire et sanitaire. Le Plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC, estimé à 2,54 milliards de dollars, était resté largement sous-financé, alors même que la situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer et que les besoins ne cessent d’augmenter dans cette partie du pays.
D’une manière générale, le plan humanitaire des Nations Unies pour 2026 vise à apporter une assistance à 87 millions de personnes et nécessite un financement de 23 milliards de dollars. Ce plan bénéficie du soutien des États-Unis, une contribution qualifiée d’« historique » par le chef de l’humanitaire de l’Organisation, Tom Fletcher, dans un contexte marqué par des besoins considérables et une raréfaction des financements. Toutefois, au-delà des montants annoncés, Washington entend désormais impulser une refonte du modèle humanitaire international
Clément MUAMBA
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